Sacré Georges !
On le croyait mort, enterré au bord de la Méditerranée, or
Georges Brassens gérait tranquillement les sorties éditoriales de ses intégrales, entouré de sa fidèle Jeanne et de ses nombreux chats.
On pensait aussi que sa dernière contribution musicale remontait à son rôle de hérisson dans le conte musical,
Émilie jolie de
Philippe Chatel, en 1979. Il réapparait aujourd'hui sous le pseudonyme de la
Pompe Moderne !
En fait, Brassens, fatigué d'écrire et de composer, va plutôt écouter et célébrer le travail des jeunes générations. C'est en effet avec la plus grande humilité qu'il découvre au cours de ces trois dernières décennies des musiques totalement nouvelles : le Rap d'
IAM et de
Diam's, l'électro de
Daft Punk, le slam féministe de
Koxie !
Cette jeunesse sonique lui fait pousser des ailes : il décide le 23 octobre 2008, à 88 ans, de remonter sur scène pour lui rendre hommage. L'adhésion du public incitera Georges Brassens à mettre fin à près de 34 années de silence discographique en sortant l'album
Greatest hits, qui est l'enregistrement de ce concert légendaire.
Cet album de reprises surprend par la façon dont le poète sétois parvient à soumettre les chansons de
Mylène Farmer,
Britney Spears ou de la
Compagnie Créole à son sens de la métrique, cette façon si scrupuleuse de placer un mot sur une note. Plus étonnant encore est d'entendre un Georges Brassens totalement détendu devant son public, bien loin du Georges paralysé par le trac et ses calculs rénaux.
Une belle leçon d'humanité et de générosité à considérer en ces temps si difficiles...
David (Secteur Musique, danse, cinéma)