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Constitution et gestion des collections



Catalogage De la commande initiale au recyclage final, la vie d’un document à la Médiathèque n’est pas de tout repos : chacun des livres, revues, CD ou autres DVD qui vous attendent dans les rayonnages de l’établissement a en effet suivi un long parcours avant d’être mis à disposition du public, et passera encore en de nombreuses mains avant de prendre une retraite bien méritée !

Nommé circuit du livre, ce cheminement du document constitue l’épine dorsale du processus de gestion des collections de l’établissement. Principal trait d’union de nos pratiques professionnelles et de nos métiers, clé essentielle à la compréhension de la Médiathèque et de son fonctionnement, il ne représente pourtant que la « partie émergée de l’iceberg » : car la constitution et le développement de nos collections obéissent, avant tout, à une logique et à des règles préalablement définies, qui seules garantissent à terme l’homogénéité de l’offre documentaire proposée.

Parce qu’une visite efficace gagne à être ordonnée, ce sont ces « grands principes » de constitution des collections (méthodes, outils et critères de choix documentaire) que nous vous proposons tout d’abord de découvrir : gageons qu’ils répondent à vos interrogations... ou à votre curiosité !

Le circuit du livre, commenté et expliqué à la suite, n’en apparaîtra que mieux sous son véritable jour : celui d’une mise en pratique, étape par étape, de ces principes.

Bonne visite !


Méthodes, outils et critères de choix documentaire


Presse professionnelle Directement dérivée des missions de service public de la Médiathèque, la politique documentaire de l’établissement fonde l’ensemble des processus liés à la constitution et au développement des collections.

Définissant en amont les contours et l’équilibre de l’offre documentaire, entre encyclopédisme (représentation homogène des savoirs...) et « pragmatisme » (prise en compte des spécificités locales : histoire de la Collectivité, besoins particuliers de la population desservie, contraintes liées au bâtiment, etc.), elle précise ainsi à la suite les méthodes, outils et critères de choix documentaire les plus adaptés, qui seront utilisés par l’équipe de la Médiathèque tout au long du circuit du livre.

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Méthodes et outils


Le développement des collections de la Médiathèque s’appuie en permanence sur trois points de repère essentiels :
  • L’objectif documentaire, représenté par la « collection idéale » telle que définie par la politique documentaire de la Médiathèque (voir ci-dessus),
  • L’état de l’offre documentaire existante (volume, composition, équilibre des collections...),
  • Le contexte global de développement des collections, dans son sens le plus général (réalités sociales, actualité politique et économique, actualité éditoriale, évolution des normes professionnelles...) comme le plus spécifique (besoins ponctuels des usagers de la Médiathèque, contraintes de fonctionnement du service...).

L’écart mesuré entre l’objectif documentaire à atteindre et l’état de l’offre existante permet, jour après jour, de déterminer ou d’adapter les priorités de développement des collections en fonction du contexte observé : documents à intégrer (sélection documentaire), documents à « éliminer » des collections (désélection documentaire).

Une veille professionnelle étendue, segmentée en spécialités, garantit à l’équipe de disposer de toutes les informations nécessaires à l’établissement de ce diagnostic documentaire permanent :


Suivi des collections

Au plus près des préoccupations quotidiennes des bibliothécaires, le suivi des collections existantes représente l’aspect le plus concret de la veille professionnelle exercée à la Médiathèque.

Suivi des collectionsRecourant largement aux moyens informatiques pour l’analyse statistique des collections (nombre de documents par support ou par classe thématique, âge des documents, taux d’emprunt...), ce suivi repose aussi sur une connaissance plus intime, plus « humaine », de l’offre documentaire : genres littéraires couverts, thématiques traitées, auteurs représentés..., jusqu’aux contenus mêmes des ouvrages (livres, CD, DVD...).

Constituée au fil des années, cette connaissance qualitative des collections, s’appuyant sur la mémoire collective de toute l’équipe, vient s’articuler aux données chiffrées (connaissance quantitative des collections), pour offrir aux bibliothécaires une image globale de l’offre proposée, base de tout diagnostic documentaire.

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Veille éditoriale

Avec plus de 60 000 nouvelles parutions par an pour le seul secteur du livre (1) , la production éditoriale est aujourd’hui pléthorique !

Veille éditorialeParce qu’un choix documentaire raisonné commence par une bonne connaissance du monde de l’édition et de son actualité, la veille éditoriale s’attache ainsi à repérer parmi la production du moment, les documents les plus remarquables et les plus pertinents au regard des objectifs de développement des collections de la Médiathèque.

Indissociable de toute commande documentaire (voir le circuit du livre), elle sous-tend ainsi l’ensemble du processus de sélection documentaire, par lequel la Médiathèque enrichit jour après jour ses collections.

La veille éditoriale s’appuie très largement sur les critiques des publications professionnelles (Livres Hebdo...) et de la presse culturelle spécialisée (Le Magazine littéraire, Lire, Les Inrockuptibles, Première...) – mais pas seulement : l’avis des usagers de la Médiathèque compte aussi pour beaucoup !

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Veille sociologique

La veille sociologique s’attache très largement à la connaissance du contexte social, économique et culturel du moment - du niveau le plus large au niveau local.

Reposant essentiellement sur l’analyse de publications professionnelles (livres, revues et sites Web spécialisés : BBF, Bibliothèque(s), Livres Hebdo...,...) ou de productions officielles (statistiques INSEE et DLL (2), enquêtes du CREDOC (3)...), elle s’appuie aussi sur le réseau partenarial de la Médiathèque (services municipaux, écoles, centres sociaux jocondiens…) et sur les statistiques abonnés fournies par le système informatique de l’établissement.

Le profil du bassin de population desservi, l’offre culturelle existante, le tissu associatif local,... sont ainsi pris en compte pour mieux concevoir l’offre documentaire proposée.

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Veille technologique

Veille technologique De quelque nature qu’elle soit, l’information reste toujours tributaire d’un support. Hier exclusivement « papier » (livres, revues...) ou « vinylique » (disques 33 tours), aujourd’hui largement dématérialisée par le biais d’Internet, qui sait quels seront demain ses vecteurs ?

Directement confrontée à ces problématiques de par ses missions, la Médiathèque s’attache à rester informée de l’évolution des supports et des moyens de diffusion de l’information, pour offrir à ses usagers les médias les plus adaptés aux contenus qu’elle propose – qu’ils soient écrits, enregistrés ou filmés.

Cette veille technologique, qui couvre aussi l’évolution des normes et techniques professionnelles, trouve notamment ses sources sur Internet (sites Web : BNF, Bibliodoc, Archimag, portail Wikipédia des Sciences de l’information et des bibliothèques..., forums : Biblioforum..., listes de diffusion : Biblio-fr...).

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Critères de choix documentaire


Afin de garantir la cohérence des collections de la structure, des critères de choix documentaire viennent encadrer le travail des bibliothécaires à chaque extrémité du circuit du livre, en limitant la part d’arbitraire inhérente aux processus de sélection et de désélection documentaires.

Certains de ces critères, liés aux qualités intrinsèques des documents, ont une portée absolue ; d’autres appellent une interprétation des bibliothécaires, au regard de l’état des collections et du contexte du moment.


Critères de sélection documentaire

Directement déduits des choix de politique documentaire de la Médiathèque, ces critères déterminent l’aptitude de chaque document à entrer dans les collections de l’établissement (processus de sélection).

Ils interviennent essentiellement lors de la préparation des commandes, permettant de valider ou d’invalider l’achat de documents préalablement repérés par veille éditoriale (voir plus haut).

Sont ainsi pris en compte, au niveau du document lui-même :

  • sa valeur intellectuelle, littéraire, rédactionnelle,
  • la qualité, la pertinence des informations qu’il contient,
  • sa date d’édition, sa durée de vie estimée (support physique et contenu),
  • la qualité de son édition,
  • son prix,
  • l’existence ou non de documents équivalents, édités à moindre coût.

Sont plus généralement considérés :

  • la pertinence des choix documentaires au regard des missions fondamentales de la Médiathèque, des spécialités documentaires qu’elle assume (arts, littérature) et des attentes du public,
  • la cohérence de ces choix au regard de la composition des collections déjà constituées.

La vocation grand public de l’établissement limite ainsi, en pratique, le niveau de lecture des documents sélectionnés à Bac+2 maximum, hors cas particuliers ; les doublons documentaires sont de même évités, quand l’intégration de documents anciens, usagés ou périmés est fondamentalement proscrite.

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Critères de désélection documentaire

Opérant à l’autre extrémité du circuit du livre, ces critères viennent spécifier les conditions de retrait d’un document des collections de l’établissement (processus de désélection).

Tout document repéré comme potentiellement « éliminable » lors du suivi des collections (voir plus haut) est ainsi passé au crible des critères de désélection documentaire, avant d’être effectivement retiré – le cas échéant – des rayonnages de l’établissement (désherbage).

Est ainsi proposé à la désélection tout document :

  • dont la valeur intellectuelle, littéraire ou rédactionnelle apparaît affaiblie,
  • porteur d’informations inexactes ou périmées, ne reflétant plus l’état des connaissances,
  • devenu illisible, irréparable (livres et revues déchirés, CD ou DVD rayés...),
  • de présentation par trop obsolète, d’aspect vieilli,
  • peu ou pas utilisé, non emprunté depuis plusieurs années,
  • constituant un doublon inutile au sein des collections.

L’application de ces critères peut toutefois être modulée, voire délayée par des circonstances spécifiques : ainsi de classiques de la littérature ou de documents de référence défraîchis, qui pourront être provisoirement conservés en l’absence de réédition ou d’offre éditoriale équivalente.

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Circuit du livre


Circuit du livre Guidé par les méthodes, outils et critères de choix définis en amont (voir plus haut), le circuit du livre offre à la politique documentaire de la Médiathèque son cadre d’application concret.

Ses différentes étapes peuvent être regroupées en trois grandes phases, menant de la sélection initiale du document à sa désélection finale, en passant – bien sûr - par sa vie quotidienne au sein des collections :


Sélection documentaire : de la commande à la mise en rayons


Circuit du livre - Sélection documentaire La sélection documentaire couvre, au sens large, l’ensemble des processus d’entrée de nouveaux documents dans les collections de l’établissement.

Indissociable du quotidien de la Médiathèque, elle permet à la structure de maintenir à jour les collections proposées au public, par l’intégration régulière de nouveautés éditoriales (actualisation des contenus) ; elle permet aussi de remplacer un document abîmé devenu irréparable.

L’acquisition à titre onéreux représente l’essentiel des entrées de documents dans les collections ; les dons ou legs émanant de collectivités, d’associations ou de particuliers ne sont pas acceptés, sauf cas très exceptionnels.

Obéissant au cadre du nouveau Code des marchés publics (voir le cadre légal d’exercice de nos missions), la Médiathèque est liée par procédures annuelles ou pluriannuelles à un ensemble de fournisseurs (éditeurs, libraires...), auprès desquels sont achetés les nouveaux documents.

La logique des « lots documentaires » permet à l’établissement de compartimenter ses acquisitions par supports et/ou par secteurs (lot « Documentaires Adultes », lot « Bandes dessinées », etc.).

Les sommes initialement engagées dans chaque marché documentaire sont dépensées par l’équipe des bibliothécaires tout au long de la procédure associée, par des commandes successives adressées au fournisseur. La structure garantit ainsi aux usagers de demeurer réactive tout au long de l’année, faisant potentiellement écho aux évènements littéraires comme aux sollicitations du public (suggestions d’achat...).

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Commande

Aboutissement logique du diagnostic permanent des collections, d’une part, et de la veille éditoriale, d’autre part, la commande vient apporter une réponse concrète aux priorités de développement de l’offre documentaire.

CommandeLe déroulement d’une commande suit un ordre établi :

  • Regroupement en liste provisoire des références d’ouvrages repérés par veille éditoriale, ou suggérés à l’achat par les usagers (les listes sont établies par ensembles logiques, correspondant aux « lots documentaires » des marchés en cours) ;
  • application des critères de sélection documentaire aux livres, CD, DVD... proposés à l’achat : obtention d’une liste définitive de documents validés ;
  • transmission de la commande au fournisseur ;
  • réception et pointage des documents commandés.

L’ensemble de la procédure, aujourd’hui largement dématérialisée (usage de ressources électroniques partagées entre la Médiathèque et la plupart de ses fournisseurs), se clôt par le paiement de la facture correspondant aux documents effectivement reçus. La somme dépensée pour la commande est alors déduite de l’enveloppe initiale du marché.

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Affectation / mise à l'inventaire

Mise à l'inventaire Une fois acquis, le document devient possession de la Collectivité et intègre officiellement le fonds de la Médiathèque : c’est l’affectation aux collections.

Celle-ci se concrétise par la mise à l’inventaire, durant laquelle l’exemplaire du document reçoit un numéro d’inventaire séquentiel, ainsi que le tampon de l’établissement (estampillage).

Une étiquette code-barres unique est en outre apposée à cet exemplaire, qui permettra son identification ultérieure par douchette laser.

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Catalogage

Le catalogage s’articule avec la mise à l’inventaire. Etape cruciale du circuit du livre, il entérine l’entrée du nouveau document dans les collections de la Médiathèque, en créant pour lui une nouvelle notice bibliographique au sein du catalogue informatisé de l’établissement.

Notice bibliographiqueLa notice rédigée lors du catalogage, établie selon des normes professionnelles strictes (format UNIMARC), est porteuse de deux types d’informations sur le document :

  • Les données générales, indépendantes de l’exemplaire et de l’organisation des collections de la Médiathèque, sont essentiellement descriptives.

    Elles correspondent au report, dans la notice associée, des caractéristiques intrinsèques du document : numéro international d’identification (ISBN, ISSN...), titre(s) et sous-titre(s), auteur(s), éditeur, collection, date d’édition…, mais aussi support (livre, CD, DVD…) et données de collation du document (caractéristiques physiques : dimensions, pagination...).

  • Le contenu même du document est, pour sa part, traduit par un ou plusieurs indice(s) numérique(s) liés à sa portée intellectuelle (thématique(s) abordée(s), genre littéraire...), et par des mots-clés recensant les principaux sujets qu’il aborde.

    Ce double classement intellectuel du document, reposant respectivement sur les classifications Dewey et Blanc-Montmayeur, est à l’origine des possibilités de recherche et de tri documentaire offertes par le catalogue informatisé de la Médiathèque (3).

  • Les données locales, liées à l’exemplaire physique du document, sont au contraire dépendantes des choix d’organisation des collections de la Médiathèque. Reflétant d’une part le numéro d’inventaire et le numéro de code-barres de l’exemplaire, précisant d’autre part la future place de cet exemplaire au sein des collections (autrement dit sa localisation : secteur de rattachement, rayonnage de rangement...), elles déterminent ainsi – entre autres - le classement physique du document.

    La cote, exprimant ce classement de façon codifiée, vient compléter les données locales de la notice ; elle sera ensuite reportée sur le document pour permettre son repérage visuel et son rangement en rayons.

    N.B. : Pour plus d’informations sur les principes de classement des documents, se reporter à la rubrique Organisation des collections.

L’ensemble de ces données est stocké dans zones prédéterminées de la notice documentaire, qui peuvent varier selon le type de document (livre, revue, CD, DVD, CD-ROM...). Le catalogage se termine lorsque toutes les zones utiles de la notice ont été renseignées : le document devient alors visible en recherche documentaire, pour les bibliothécaires comme pour les usagers.

On notera que le catalogage, hier fastidieux et répétitif, s’est aujourd’hui considérablement allégé, grâce à la récupération électronique de notices auprès de sources de références.

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Equipement et reliure

Equipement Ultime étape avant la mise à disposition publique du document, l’équipement vise à doter chaque exemplaire d’un ensemble de marques distinctives et de dispositifs nécessaires à sa vie dans les collections.

Ce sont notamment :

  • la cote proposée par le catalogueur, reportée sur la tranche ou la face du document sous forme d’une étiquette immédiatement lisible,
  • l’éventuel identifiant visuel facilitant le repérage de certains documents dans les rayonnages (pastilles de couleurs, logos divers... voir la rubrique consacrée au classement physique des collections),
  • le dispositif antivol (étiquette inarrachable, boîtier CD/DVD à verrouillage magnétique),
  • l’équipement général de protection du document : couverture plastifiée, film autoadhésif, sur-boîtier, etc.

ReliureLa reliure proprement dite ne concerne, à ce niveau, que les livres jugés trop fragiles au regard d’un usage public intensif. Les mangas sont ainsi entièrement démontés, piqués à la machine puis reliés « en bradel » avant de rejoindre le circuit de prêt, quand certaines BD grand format sont reliées « en emboîtage » (en savoir plus sur les techniques de reliure).

Le document conserve, durant toute cette étape, une mention de disponibilité spéciale en recherche documentaire : « Reliure (document indisponible) ».

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Vie des collections : transactions documentaires, rangement, réparation, récolement...


Circuit du livre - Vie des collections Dès lors accessible aux usagers, le document fraîchement acquis rejoint le Point nouveautés de son secteur de rattachement - Espace Adultes, Espace Jeunes publics ou Espace Musique, danse, cinéma.

Doté pendant 3 mois du statut spécial de « Nouveauté » (visible sur le catalogue de la Médiathèque), il se voit appliquer pendant ce laps de temps des règles spécifiques d’emprunt (voir la rubrique Abonnements et tarifs), avant d’intégrer au final son rayonnage de destination.

Le document ne fait alors que commencer son long parcours !

Désormais « Disponible », librement consultable, empruntable, réservable,... par des centaines d’usagers pendant toute sa durée de vie, souvent plébiscité, quelquefois boudé du public, il connaîtra ainsi de nombreux cycles de prêt (jusqu’à 500 !) avant d’être retiré des fonds de la Médiathèque lors du processus de désélection (voir plus loin).

De la consultation sur place au prêt documentaire, en passant par la réservation ou la suggestion d’achat..., les services rendus aux usagers auront entretemps induit - directement ou indirectement - des milliers d’opérations quotidiennes sur les collections :


Transactions documentaires

Championne du nombre annuel de prêts (voir nos chiffres clés), la Médiathèque gère, en moyenne, près de 12 000 transactions documentaires par semaine - dont 6 000 emprunts et 6 000 restitutions de livres, revues, CD et autres DVD !

Chacune de ces transactions vise à modifier la mention de disponibilité de l’exemplaire par une manipulation informatique simple :


Prêt du document

Apparaissant encore comme « Disponible » sur notre catalogue informatisé, le document est déposé au point « Emprunts » de la Banque de prêts centrale. Deux opérations sont alors effectuées :

  • La carte d’abonné, porteuse d’un code-barres unique, est scannée par douchette laser : la fiche abonné apparaît à l’écran, identifiant l’usager ;
  • Le code-barres de l’exemplaire est scanné à son tour, chargeant la notice documentaire associée au document.

Un lien informatique s’établit alors entre la notice documentaire et la fiche abonné, aussitôt consigné dans la base de données centrale de la Médiathèque : l’emprunt est effectif. Le document apparaît dès lors « En prêt » sur notre catalogue – ce en temps réel.

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Retour du document

L’exemplaire à restituer, déposé au point « Retours » de la Banque de prêts concernée (Hall ou Espace Musique, danse, cinéma selon les cas), est de nouveau identifié par son code-barres. Toute relation établie entre la notice documentaire et une (quelconque) fiche usager est alors supprimée : le document redevient « Disponible » sur le catalogue de la Médiathèque.

N.B. : La présentation de votre carte d’abonné n’est donc pas indispensable au moment du retour !

Le document restitué est immédiatement placé sur un chariot correspondant à son Secteur (ou Espace documentaire) de destination : le rangement peut commencer.

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Rangement

Rangement Participant largement au fourmillement de l’établissement aux heures d’affluence, le rangement des documents accapare, à lui seul, le temps de travail de plusieurs agents de la Médiathèque. Rien d’étonnant à cela, lorsqu’on réalise son importance dans l’usage final des collections : car un document utilisable est avant tout un document facile à localiser - et donc rangé à sa place !

Cette manutention quotidienne suit une organisation à deux niveaux :

  • Pendant les horaires d’ouverture de la Médiathèque, le rangement doit avant tout s’adapter au flux des restitutions documentaires : provisoirement stockés à la Banque de prêts, les documents redevenus disponibles doivent en effet réintégrer au plus vite leur rayonnage de destination, sous peine d’échapper à de nouveaux emprunteurs potentiels. Une « ronde des chariots », bien connue des habitués de la Médiathèque, s’organise chaque jour à cet effet.

  • Hors périodes d’ouverture, le rangement se fait plus systématique, balayant les collections dans leur ensemble, reclassant les documents « égarés », débouchant même - au besoin - sur la réorganisation physique d’un segment complet des collections. Cette maintenance de fond, réunissant toute l’équipe de la Médiathèque, fait l’objet de séances de travail hebdomadaires.


CoteLa cote reportée sur chaque document permet, en pratique, de retrouver la place exacte qui lui est allouée (Espace / Secteur, pôle documentaire, rayonnage...), connaissant le plan de classement physique des collections.

Le rangement d’un document par un bibliothécaire procède ainsi des mêmes méthodes... que sa recherche en rayons par un usager !

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Réparation

Parce qu’un document souvent emprunté s’use rapidement, une réparation doit quelquefois s’imposer pour prolonger sa durée de vie : ainsi de romans ou de BD à succès, mais aussi de documents audiovisuels ou multimédia dont le support physique (CD, DVD...) demeure particulièrement fragile.

RéparationLe repérage d’un document abîmé peut s’effectuer en de multiples occasions : à la restitution du document le plus souvent, mais aussi lors d’un rangement systématique, à la faveur d’un récolement (voir plus loin) ou suite à la remarque d’un usager.

Le document est alors inspecté et/ou testé (CD, DVD...) pour déterminer son niveau de détérioration, et décider du traitement à lui appliquer :

  • S’il apparaît irréparable (document incomplet, support illisible...), le document est proposé à la désélection.

    Son élimination des collections, validée dans la grande majorité des cas (conformément aux critères de désélection de la Médiathèque), pourra s’assortir, en retour, d’une proposition de remplacement en sélection documentaire ;

  • S’il apparaît raisonnablement réparable, le document rejoint provisoirement l’Atelier équipement / reliure de l’établissement pour y subir un traitement adapté : reliure ou simple renforcement pour les documents papier, polissage de surface pour les CD et DVD, etc.

    La mention « Reliure (document indisponible) » lui sera attribuée jusqu’à son retour en salle.

Soucieuse de proposer au public des collections actualisées et agréables à l’usage, la Médiathèque tend aujourd’hui à minimiser la réparation documentaire, pour lui préférer un renouvellement raisonné des documents.

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Récolement

Lieu de vie et de passage, la Médiathèque n’échappe pas aux inévitables avatars des bibliothèques publiques : exemplaires fortuitement « égarés » parmi 150 000 autres (!), documents perdus, volés ou plus généralement introuvables en dépit des investigations menées...

RécolementGénératrices d’inconfort pour les usagers comme pour les bibliothécaires, ces anomalies documentaires ont heureusement leur parade - en l’espèce d’un contrôle d’intégrité des collections. Nommé récolement, ce procédé vise à normaliser l’inventaire documentaire de la Médiathèque au regard d’une « réalité constatée » de ses collections.

Son principe et son déroulement sont simples :

  • Un segment documentaire (« Romans policiers Adultes », « DVD vidéo Enfants », etc.) est proposé au récolement : une liste des documents réputés composer ce segment (liste d’inventaire) est extraite de la base de données centrale de la Médiathèque ;

  • Chaque document effectivement présent en rayon est pointé par son code-barres : une liste des documents manquants, tenant compte des prêts en cours, est obtenue par différence.


Passé un délai de sécurité de quelques semaines, chaque exemplaire manquant sera finalement supprimé du catalogue informatisé et de l’inventaire de la Médiathèque, par effacement de la notice informatique qui lui est associée. Cette élimination de fait pourra susciter le rachat du document perdu (processus de sélection documentaire, voir plus haut).

Les opérations de récolement sont généralement menées à la faveur des horaires d’été de l’établissement.

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Autres manipulations documentaires

Sans épuiser le (vaste !) sujet de la gestion quotidienne des collections, citons encore quelques manipulations documentaires courantes :

  • Immobilisation temporaire du documentImmobilisation temporaire : liée au service de réservation, elle consiste à mettre de côté le document réservé, dès sa restitution. Provisoirement stocké derrière la Banque de prêts concernée (Hall ou Espace Musique, danse, cinéma selon les cas), le document devra être réclamé par son réservataire avant la forclusion du délai de disponibilité des réservations – à défaut de quoi il sera attribué au réservataire suivant ou remis en circulation (i.e., réintégré en salle).

    Le document conserve pendant son immobilisation une mention de disponibilité spéciale (« Réservé »).

  • Mise en valeur : en accord avec les missions de l’établissement (promotion de la lecture...), chaque document peut prétendre à son « heure de gloire » à la Médiathèque !

    Extrait des collections et mis en valeur sur présentoir (à la faveur d’une animation thématique, par exemple), il demeure normalement empruntable, sauf cas exceptionnels.

  • Reclassement : il consiste à réévaluer la place du document dans les collections, au sens large du terme. Ses occasions sont variées : réorganisation physique d’un segment documentaire, mise en magasins des ouvrages les moins empruntés, correction d’anomalies ponctuelles (classement inadéquat des documents...).

    De portée généralement superficielle (simple reclassement physique), il peut néanmoins remettre en cause l’indexation même du document, si celle-ci reflète une appréciation erronée de son contenu (reclassement intellectuel).

    Dans tous les cas, le document reclassé devra repasser par l’étape du catalogage, pour modification informatique de sa cote, voire de ses index numérique (Dewey) et/ou sujet (RAMEAU). L’Atelier équipement / reliure reportera ensuite ces modifications sur le document (remplacement de l’étiquette de cote, etc.).

    N.B. : Pour plus d’informations sur les principes de classement des documents, se reporter à la rubrique Organisation des collections.


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Désélection documentaire : du « désherbage » au recyclage


Circuit du livre - Désélection documentaire Arrivé en fin de vie, l’exemplaire doit finalement connaître l’épreuve de la désélection documentaire – terme générique couvrant l’ensemble du processus de sortie des collections des documents abîmés, obsolètes, et plus généralement, devenus inutiles au public de la Médiathèque.

Symétrique au processus de sélection documentaire (voir plus haut), la désélection en inverse simplement la logique : le document quitte cette fois les rayonnages de l’établissement, pour débuter ailleurs une seconde vie (dons aux collectivités, associations...) ou le cas échéant, intégrer la filière de recyclage des déchets (pilon).

Dans tous les cas, le but de ce processus rejoint celui de la sélection documentaire : offrir aux usagers de la Médiathèque des collections actualisées. Cette attention portée à la qualité globale de l’offre documentaire se double, en outre, d’une nécessité matérielle, quantitative, liée aux capacités de stockage du bâtiment.

La désélection documentaire participe ainsi d’une certaine « aération » des collections, et par là, de leur confort d’usage.


« Désherbage »

Typique du jargon bibliothéconomique, ce terme évocateur renvoie à la première et principale étape de la désélection documentaire – consistant à choisir, puis à extraire des rayonnages les documents à éliminer.

Plongeant ses racines dans le suivi régulier des collections, le désherbage débute par un repérage des documents potentiellement candidats à la désélection. Souvent ponctuel (contrôle des documents en rayons...), quelquefois plus systématique (analyse statistique des collections...), ce repérage peut ainsi concerner des exemplaires isolés, mais aussi des segments documentaires complets – s’ils sont manifestement menacés de vieillissement, ou présentent un « embonpoint » anormal au regard de l’équilibre global des collections.

Un ordre de priorité des opérations de désherbage est alors établi par les bibliothécaires, tenant compte de divers facteurs contextuels : « urgences » liées au dépassement des limites de stockage de la Médiathèque, possibilités de remplacement des documents éliminés, etc.

Des objectifs de désélection, généralement pluriannuels, sont établis à la suite, désignant les segments documentaires à considérer en priorité, précisant aussi (dans la mesure du possible) le volume et la nature des exemplaires à désélectionner.

DésherbageLe désherbage des rayonnages peut alors effectivement commencer, qui tentera d’atteindre ces objectifs globaux dans le respect d’une procédure cadre :

  • Sélection du segment documentaire à désherber ;
  • Contrôle visuel et intellectuel (état physique et contenu) de chaque exemplaire composant le segment ; application raisonnée des critères de désélection documentaire à chacun des documents analysés ;
  • Extraction, regroupement sur chariot(s) et pointage des codes-barres des documents répondant à ces critères.

Une liste des livres, CD ou autres DVD proposés à la désélection est alors transmise au Conseil Municipal de la Ville - pour autorisation administrative. La validation de cette liste déclenche normalement la suite du processus de désélection.

Portant désormais la mention spéciale « Document supprimé... », chaque exemplaire désélectionné devient dès lors inaccessible au prêt et à la réservation.

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Déséquipement

Chaque document désélectionné rejoint l’Atelier équipement / reliure de la Médiathèque pour se voir retirer les dispositifs qui lui avaient été appliqués lors de son entrée dans les collections : code-barres, étiquette de cote, éventuel identifiant visuel, étiquette antivol, couverture ou sur-boîtier...

Redevenu vierge (ou presque), le document peut désormais disparaître du catalogue informatisé de la Médiathèque, et de son inventaire.

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Retrait du catalogue et de l’inventaire

Regroupés par ensembles correspondant aux trois Espaces documentaires de la Médiathèque (Adultes, Jeunes publics, Musique, danse, cinéma), les documents désélectionnés font finalement l’objet d’un traitement informatique « par lot », visant à supprimer les données bibliographiques qui leur sont associées, devenues inutiles.

Deux cas de figure se présentent ici :

  • Si l’exemplaire supprimé comporte au moins un doublon à la Médiathèque, ou a vocation à être remplacé à l’identique, le cœur de sa notice bibliographique est conservé (données générales : titre, auteur, éditeur, index...) – puisque d’autres exemplaires sont (ou seront) rattachés à cette notice. Seules les données locales correspondant à l’exemplaire physique (numéro de code-barres, numéro d’inventaire, cote...) sont dans ce cas supprimées ;

  • Si l’exemplaire supprimé est isolé et n’a pas vocation à être remplacé, l’ensemble de sa notice bibliographique est effacé de la base de données centrale de l’établissement. Toute référence au document est alors définitivement perdue.

Ces opérations informatiques entérinent, en pratique, le retrait du document de l’inventaire de la Médiathèque. Un estampillage « Désaffecté » vient officialiser cette « mise à la retraite ».

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Don, pilon

Soucieuse de faire le meilleur usage des ressources documentaires dont elle a pu disposer, la Médiathèque tend à favoriser la réutilisation des ouvrages qu’elle désélectionne par d’autres collectivités, associations ou services municipaux - s’ils en expriment l’intérêt.

Les demandes de dons émanant de structures externes à la Collectivité (associations, bibliothèques étrangères...) sont toutefois soumises à autorisation politique.

Filière de recyclageLes documents par trop dégradés ou obsolètes, sans véritable espoir de seconde vie, sont pour leur part entièrement démantelés en vue de leur recyclage, dans le respect des règles environnementales en vigueur : c’est le pilon.

Le circuit du livre s’achève ainsi dans le tri sélectif, puis la pâte à papier - promesse de nouveaux ouvrages à imprimer et à lire... pour le plus grand plaisir de tous !

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(1) Chiffres 2007 (source : Centre National du Livre).
(2) Direction du Livre et de la Lecture (Ministère de la Culture).
(3) Les documents sonores (CD audio...) disposent de leur propre classification (PCDM, Principes de Classement des Documents Musicaux) ; les documents audiovisuels ne disposent, à l'heure actuelle, d'aucun système de classification établi.

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