Troy Andrews, alias
Trombone Shorty, fait assurément partie des musiciens-nés. Issu d'une famille de jazzmen connus et reconnus à la Nouvelle-Orléans,
sideman professionnel dès l'age de 8 ans - d'où l'épithète « shorty » -, le gamin au trombone a vite grandi et gagné la considération de ses pairs, participant aussi bien à des formations de jazz traditionnelles qu'aux récentes performances
live de quelques célèbres touche-à-tout comme
Jeff Beck ou
Lenny Kravitz.
Lorsque sort en 2010, chez Verve, son premier opus « sérieux » en tant que compositeur,
Backatown, l'album déclenche le salut unanime de la presse spécialisée. Les connaisseurs ne s'en étonnent pourtant pas, connaissant le talent naturel de l'homme pour amalgamer des influences généralement antinomiques, qui se retrouvent pêle-mêle sur l'album (
funk,
rock,
hip-hop...), parfaitement digérées en un style que l'auteur nomme lui-même « supafunkrock » : tout un programme ! Et force est de constater que l'alliance improbable des rythmiques
big band, des guitares
metal et des cuivres confère à l'ensemble une assise sonore et une cohérence assez remarquables, rappelant clairement les accents d'un
FFF grande époque (« On your way down », « Suburbia ») ou d'un
Fishbone très en forme (« Right to complain »), sans s'interdire quelques incursions vers les territoires plus policés de l'
acid jazz (« Hurricane season ») ou de la
soul kravitzienne, vocale et mélodique (« Something beautiful »).
Une très belle découverte, à suivre de près !
Frédéric (Espace Adultes / Informatique)