En ces temps de doutes et de morosité... musicale, un retour aux sources s'impose quelquefois. Délaissons donc pour un temps le charme surrané du jazz
New Orleans, l'arsenal intellectuel des grands classiques ainsi que les névroses récurrentes d'une certaine « nouvelle scène » - les longues soirées d'hiver sont faites pour ça. Place donc à l'énergie brute et au rock'n roll, le vrai, sans chichis ni fioritures : le nom d'
AC-DC vous revient alors à l'esprit. Souvenirs émus de sympathiques querelles de voisinage et de séances improvisées de « décollage de papier peint » : un « Highway to Hell » à 130 décibels fait toujours son effet.
Mais à ce propos... quoi de (presque) neuf chez nos hard-rockers australiens depuis la sacro-sainte année 1980 et son brûlot
Back in black ? Rien, vraiment ? Ne boudons pas notre plaisir, il y eut tout de même quelques pépites avec notamment
For those about to rock... (1981) ou
The razor's edge (1990), recelant chacun son lot de riffs de la meilleure trempe. Rien d'aussi bien ficelé cependant que l'album
Ballbreaker, qui retrouve en 1995 le lineup historique du groupe de 1980, impressionnant de hargne et de cohésion.
La recette est vieille comme le monde... du rock : rythmique carrée et binaire, Gibson bluesy et grasseyantes à souhait, vocabulaire réduit à l'essentiel, le tout saupoudré (si l'on peut dire) de vocalises d'écorché vif et d'une indéfectible ambiance bon enfant voire potache - les culottes courtes d'
Angus Young en attestent depuis près de 40 ans. Tout ce beau monde semble beaucoup s'amuser ici, et réussit - encore une fois - l'exploit de renouveler le genre en deux temps, trois mouvements et quatre accords : du grand art. Par leur inspiration mélodique, quelques titres pourraient même entrer, discrètement mais sûrement, au panthéon des classiques du genre (« Hard as a rock », « Burnin' alive »...).
On en redemande.
Frédéric (Espace Adultes / Informatique)